2012 64

2007 63

2006 62

2005

2004 61 60

2003 59 58 57' 57

2002 56

2001 54' 54 53 52

2000 51 50 49 48

1999 47 46 45 44 43

1998 42 41 40 39 38 37

1997 36 35 34 33 32 31

1996 30 29 28 27 26 23 22 21 20

1995 19 18 17 16 15 14 13 12 11

1994 10 09 08 07 06 04 03

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Aredje 28, octobre 1996

C'EST POUR BIENTÔT

Le CD révolutionnaire de René Binamé sera-t-il chez vos disquaires avant ou après l'abolition de la monnaie ?

Avouons-le, nous n'en savons rien.

Ce dimanche 6 octobre, l'état d'avancement du CD est le suivant. Les enregistrements sont terminés depuis un bon bout de temps et le mixage est bien entamé. Mais les problèmes techniques s'accumulent et se complètent avec tant de talent que tout hasard est à exclure, la thèse du complot contre-révolutionnaire s'impose chaque jour avec plus de force.

Tout est clair maintenant, notre matériel, en pur produit de l'industrie capitaliste, refuse de nous laisser pousser nos explosives chansonnettes.

Mais n'ayez crainte, nous sortirons vainqueur de ce combat contre la machine, le capitalisme ne passera pas l'hiver, l'Internationale sera le genre humain et ce CD qui se fait attendre sera le meilleur de tous les CD Binamé de 1996.

BINAM'...

MARCOR A COUTERNE. 2

Résumé: Marcor est à Couterne avec ses amis.

Vendredi, 17h: les groupes arrivent un à un. Pendant l'interview, j'entends de loin les balances. Heureusement car ça sera assez facile de retranscrire les + 40 minutes d'interview. Le festival, prévu officiellement à 18h, ne commence qu'à 20h.

Le premier groupe qui joue vient de Calais: Gazoline. Musicalement, c'est pas mon truc. J'ai installé mon Q-G dans le backstage près du bar. L'Abbé me sert des "qui tournent ": entendez des bières qui s'ouvrent en faisant tourner la capsule. Le deuxième groupe est le seul représentant de la région, Puffins, dans un style plutôt hardcore, mais que veut dire exactement ce mot aujourd'hui.

Je connais bien le troisième groupe qui joue ce soir, Charge 69, avec le bassiste de PKRK. C'est de la street punk, entendez du punk estampillé 78-82. Le chanteur a une bonne présence mais je remarque des plantages dans certains morceaux. De ma place favorite, j'entends le guitariste reprocher au batteur d'avoir oublié un couplet ! Peu importe de toute façon. Un gros problème va intervenir durant leur set: l'EDF fait des siennes et on a droit à une coupure de courant générale de près de 40 minutes. Imaginez l'angoisse des organisateurs et des groupes ! Après cela, Charge 69 finit son set et je m'apprête à me reposer un peu car un groupe reggae, Square Roots, est normalement programmé après eux.

Je dois changer mes plans car c'est au contraire la bande à Vérole, Infraktion, qui investit la scène. Vous savez tout le bien que je pense d'eux. Musicalement, reportez-vous à mon article sur le festival du CAES à Paris. Il pratique un punk rock en français dans la veine des Sheriffs, Rats ou Cadavres. Je n'ai pas été déçu. Vivement l'album en automne sur Crash Disque. Une interview du groupe est programmée dans un prochain Aredje.

En fait, le groupe reggae va finir la soirée et après Infraktion, c'est donc Les Wampas, qui montent sur scène. A Bruxelles, je les avais seulement entr'aperçu, la faute aux loges et aux bières qui s'y trouvaient. A Lille le lendemain, j'avais uniquement vu les 5 derniers morceaux, pour cause de bla-bla avec Spirou des Molodoï. Cette fois-ci, j'en ai profité largement. La play-list est identique à un morceau près au set de Bruxelles au Magasin 4. Comme prévu, Didier est en pleine forme. J'ai pu entendre plusieurs fois le dernier album Trop précieux avant le concert ce qui va m'aider à apprécier un max. Didier, comme il l'expliquait dans son interview, essaie de ne pas faire 2 fois la même chose sur scène. Il n'a pas son manteau blanc. Pour un morceau, il monte sur le camion de la sono et se retrouve quelques mètres au-dessus de nous. Le concert est très chouette...

Tels les carbiniers d'Offenbach, arrivent enfin Marteau-Piqueur, Eric, Bof et Joëlle. Ils ont raté Les Wampas !!!

Rebelote le lendemain. On se réveille vers midi. Des concerts de Toxic Waste et de Gazoline (encore) sont prévus dans les 2 bars de Couterne. Malheureusement, je ne les verrai pas pour cause de retard. Un autre événement secoue le village: à 16h, il y a un mariage célébré. C'est celui d'un des gars de l'asso organisatrice (Festirock) et certains bénévoles vont manquer le 2ème jour pour cause de drink after-mariage. La sortie de l'église ressemble à un concert car un des bars se trouve sur la place de l'église. Aucun incident ne vient troubler l'ordre ou le désordre public. Nous on passe notre début d'après-midi chez Sylvie et Martial, le bar où les Binamé ont joué l'année passée. Bof étant là, les tournées se suivent à une vitesse v, v prime. Pastis, calva, chopes, la petite colonie belge commence à se sentir bien. Une exception, votre narrateur qui passe son tour et qui préfère attendre le soir et les concerts du festival. Quelques chiens zonent le café: Jasper, le bouledogue de Zbin, n'apprécie pas les frites que Mumbly lui propose. Il est temps tout doucement de remonter au site du festival. Les 4 derniers arrivés parmi nous doivent faire la file pour finalement avoir la place moitié-prix: 35 FF.

Comme la veille, les portes ne s'ouvrent que vers 20h mais nous sommes tous là en force car c'est Kermess qui ouvre le bal samedi. Grâce au PQ, aux ballons et à leurs musiques, ils parviennent à sortir les spectateurs de l'apathie causée par l'après-midi ensoleillé. Et non, les gars, vous n'êtes pas à la plage. Bref, Kermess s'en sort très bien. Ils vont d'ailleurs avoir quelques promesses de concert en Normandie! Difficile de leur succéder ! Après le concert, nous nous proposons spontanément pour nettoyer la scène. Une explication, nous ne sommes pas sûr de pouvoir encore rentrer dans les backstages car il y a un gros lourd qui ne laisse rentrer personne si tu n'as pas le badge de couleur adéquate. Le problème est vite réglé de l'intérieur. Nous obtenons un tampon équivalent qui l'oblige à fermer son caquet. Mais nous n'étions pas assez à 4 pour enlever tous les PQ et les ballons de la scène en un temps décent.

Le groupe qui suit Kermess dans l'affiche, c'est Un Dolor. Ici aussi on parle de hardcore, chanté en anglais pour un groupe de Poitiers. J'ai pas trop de référence à avancer. J'ai juste remarqué que Bof avait l'air d'apprécier.

Mädels No Mädels est plus dans mon trip. J'avais eu l'occasion d'entendre une ou 2 fois leur CD que j'avais trouvé pas mal. Vous avez deviné: ils font du punk rock en anglais et peut-être aussi en allemand car ce sont des allemands. C'est pas oï, c'est pas lourd et le chanteur a une superbe voix, un peu similaire à Johnny Rotten mais en plus original. Dans leur excellent set, je reconnaîtrai sans problème 2 reprises: Commando des Ramones et une version toute personnelle de Daddy Cool , vous savez du bête groupe disco Boney M. Trop court malheureusement pour moi... Mumbly est de mon avis, il a apprécié aussi. A partir de ce moment de la soirée, je ne vais plus voir beaucoup de mes compagnons de route, car rappelez-vous, ils ont demandé beaucoup à leur organisme l'après-midi.

Le groupe suivant est apprécié par les gars aux cheveux très courts. C'est Rude Boy System et c'est un groupe ska puriste. Ils sont directement influencés par les groupes ska des années 60 et vers la fin, ils vont faire un morceau plus 2-Tone (cfr la vague Specials, Selecter ou Madness). Un peu ça va mais à la longue, les ticdep commencent à me lasser...

Les membres du 5ème groupe à monter sur scène, Zabriskie Point, sont arrivés la veille. Le chanteur n'a plus l'air très frais pendant le concert. Musicalement, je reconnais parfaitement les morceaux de leur CD Fantôme et 2 ou 3 reprises comme d'habitude. Ils ont également joué des morceaux de leurs 2 45 tours et des nouveaux. Un peu déçu mais bon, c'ést quand même pas mal.

Uk Subs ne va pas me décevoir. J'ai le temps de lire la play-list et surprise, il n'y a aucun morceau de leur nouvel et excellent album Occupied. Une raison à cela: le guitariste Alan a son avant bras droit plâtré et joue aujourd'hui de la basse, tandis que Brian joue de la guitare. Ils ont intervertis leurs instruments! Le concert est divisé en blocs de morceaux. Le premier bloc finit par Warhead et comprend principalement des morceaux des 2 premiers albums. Le second bloc entre autres les morceaux Limo Life et Crash Course, le troisième et dernier quelques morceaux un peu plus récents dont Here comes Alex. Juste avant le concert, je parviens à réveiller Geoffroy qui s'était installé juste en dessus à côté de la scène et qui s'endort toutes les 30 secondes. Il me remerciera longtemps car il a vu un tout bon concert de Uk Subs malgré les conditions spéciales.

Après le concert, je bois quelques dernières mais ça devient très dur et je préfère jeter l'éponge et me réfugier sous la tente où je m'endors avec le sentiment du devoir accompli, c'est-à-dire avoir vu tous les groupes.

Le lendemain, c'est déjà le moment de faire le bilan. Un fût a été volé et on le retrouve vide dans la prairie en dehors de l'enceinte. Les gars devaient avoir leur propre tireuse ! Nous allons conduire Bof et Joëlle à la gare la plus proche car ils doivent rentrer à Poulseur. En fin de compte, eux 2 n'ont vu que Kermess et Un Dolor! Pendant ce temps, Mumbly a parlé à un anglais qui lui a refilé un pass de 5 personnes pour la rave voisine.

Vers 16h, on se met en route direction Kairon Plage près de Granville où UK Subs et Puffins jouent au Rollmops, un café-concert près de la mer, où les Slugs ont joué en mai 96. Les tenanciers Laurent et Isabelle me reconnaissent: les belges leur ont laissé un bon souvenir et nous ne les contredirons pas ! Isabelle a des origines belges. Elle m'offre quelques photos qu'elle a prises au concert des Slugs en mai. Le temps pour Mumbly de tremper ses pieds dans la mer où c'est justement la pleine mer (comprenez marée haute). Nous croisons sur la digue Brian Barnes et le roadies des UK Subs. La spécialité du Rollmops, c'est les moules frites, certains parmi nous vont les goûter. Nous mangeons donc sous le barnum en attendant le concert pendant que Geoffroy, par souci d'économie, se fait sa vingtième ptite soupe du (long) week-end. On nous demande une blonde mais personne ne fume de cigarettes qui ne font pas rire. La faune arrive. Il y a pas mal de gens venus directement de Couterne, d'autres proviennent de Bretagne. A 22h, Puffins commence son concert. Prévu à 30 FF, nous payons 20 francs chacun pour le concert, sympa les gars. Arrive enfin le moment du début du concert des UK Subs. Le bar est rempli à craquer. Le groupe joue aux entrées et va recevoir 4000 francs français. Il y a donc + 160 personnes à l'intérieur. Le bar recoit alors une visite inattendue: quelques bleus font irruption dans le bar mais ressortent assez vite. J'apprendrai plus tard qu'ils recherchaient une personne bien particulière et que le concert n'était pas menacé. Le concert est très chaud dans tous les sens du terme. Malheureusement trop court car après la première partie du set, c'est-à-dire 19 morceaux, le groupe arrête. Pendant quelques minutes, j'espère qu'ils vont reprendre mais non le concert est fini. Charlie a trop chaud et il est déjà minuit. La soirée n'est pas finie. Je parle avec des bretons et d'autres. Mumbly et moi sommes appelés "cool fat boy "et Geoffroy "cool guy "par Charlie qui comme d'habitude a commencé sa soirée en vendant ses t-shirts. Curieusement, les prix ont chuté par rapport à la veille ! Nous sommes dans les derniers à quitter la terrasse du Rollmops. On a eu le temps auparavant de parler un peu avec Brian Barnes qui me rappelle l'existence de son 2ème groupe, Slutch, et me refile un badge. Il fait tout pour qu'on le comprenne et ce malgré l'état d'ébriété -ou autre- bien avancé. Mumbly fait même une photo avec les deux gars de UK Subs, les frères "polonais "et moi-même. Vers 3h, on se décide quand même à quitter les lieux.

Je dors dans la voiture tandis que mes 4 compagnons squattent le jardin d'une bicoque plutôt vide sur la digue.

A mon réveil, Mumbly est parti boire l'apéro au Rollmops et a fait quelques courses pour manger. A son retour, on décide d'attendre la haute mer pour aller tremper ses pieds une dernière fois. Retour au Rollmops. Nous avions promis de retourner à Couterne pour aider au nettoyage qui pourrait bien durer juqu'au mercredi. L'état des conducteurs commence à s'empirer, car ils sont aux cafés-calvas. Comme on pouvait s'y attendre, la nuit tombe sur Kairon. On oublie la rave, on fera des rêves ici. On dort au-dessus du café après avoir rempli la caisse du bar. Quelques bretons ne parviennent pas non plus à prendre la route et la soirée est entachée de "Vive la Bretagne libre", ce à quoi on répond "vive les Bretons ivres".

Mardi midi, nous quittons enfin Kairon-Plage. Eric et Marteau-Piqueur reprennent la direction de la Belgique. Nous reprenons la direction de Couterne après une courte visite du Mont-Saint-Michel rempli de "bêtes gens ". De retour à Couterne, c'est un peu confus que l'on remarque que le pré est entièrement nettoyé. Nous retombons sur la petite bande qui nous montre les journaux. Il y a quelques photos du festival et deux petits articles. Le "journaliste "ne doit pas être très au courant car il écrit carrément "Uka Sub "dans son article. Geoffroy a droit à sa photo. Décidément, tu m'étonnes !!! La soirée se termine vers 11h après une discussion amicale arrosée avec Sylvie.

Le périple n'est pas encore terminé. Mercredi, nous passon la journée à Vire (sous-préfecture du Calvados) chez Léa et Fatou. La soirée est comme d'habitude largement arrosée et la nuit très longue. Jeudi 11h, il faut se mettre en route pour pouvoir arriver à une heure décente à Bruxelles. Faites le compte, on est le 9ème jour !!!!

UK SUBS: play-list de Couterne

1-C.I.D, Stranglehold, Tomorrow's girls, I Couldn't be you, I live in a car, Party in Paris, Scum of the earth, Young criminal, Killer, Organised crime, Lady Esquire, Emotional Blackmail, Endangered Species, Fear of girls, Warhead.

2-Limo life, New barbarians, Crash course, You don't belong.

3-Here comes Alex, Thunderbird, I robot, New York State Police, Telephone numbers, All I wanna know, Down on the farm.

LES WAMPAS: play-list de Couterne

Trop précieux, Boogie, Les Poils, Poissons, Paolo, Gisèle, Éternel, Wampas, Yeah Yeah, Ne dis pas, Mes amis, Do you love me, Puta, Ratata, Les bottes rouges, Le soleil, Le ciel, Comme un ange, Blues, Noël, Instru, Pas d'argent, Petite fille, Revanche, Les îles, L'amour, Quelle joie, I need r'n'roll.

MARCOR....

ON A REÇU ÇA

ON PARLE DE NOUS

  • Chroniques des deux 45t de René Binamé et de Cougneus d'matante des Slugs dans le n°8 de L'OREILLLE CASSEE, un volumineux zine de Rouen branché punk international (78 pages, 20FF) bourré d'interviews et de chroniques. Contact: Laurent Laloue 17b avenue Chastellain res. Ile 2000 apt 242 7600 Rouen.
  • Chronique du Cougneus d'matante des Slugs et du 45t papal de René Binamé dans le n°2 de GENERATION NO FUTURE (28 pages, 10 FF). Interview entre autres de UK Subs, Heyoka. Contact: Christophe Bonnel 49/53 rue Emile Zola 62400 Béthune. A la même adresse: liste de distribution avec les deux 45t Binamé.
  • Petite chronique du 45t papal de René Binamé dans l'Anti-Pape, la demi-page de CHARLIE HEBDO consacrée à la venue en septembre de Jean-Paul II en France.

MARCOR IN THE SUN. 1

Holidays in the Sun - A CELEBRATION OF 20 YEARS OF PUNK! 9/10/11 août 96 BLACKPOOL Winter Gardens Empress Ballroom .

Le 23 mai 96, au concert de Anti-Nowhere League au magasin 4, Johan Van Mieghem du zine Skoink me montrait un tract d'un festival qui allait avoir lieu le 9,10 et 11 août 96 à Blackpool en Angleterre: Le "Holidays in the Sun - A CELEBRATION OF 20 YEARS OF PUNK ! ". En un coup d'oeil, j'ai vu que c'était pour moi. 50 groupes à l'affiche sur 2 scènes avec entre autres comme tête d'affiche X-RAY-SPEX, SHAM 69, THE DAMNED, CHRON GEN, BUZZCOCKS, SLAUGHTER & THE DOGS, ANTI-NOWHERE LEAGUE, ...

Ces noms doivent évidemment dire quelque chose à toute personne un tant soit peu intéressée par le punk anglais de la première période et même de la seconde.

N'ayant pas trop bien organisé mon voyage pour cause d'autres activités en juillet, je me retrouve avec 4 autres personnes le vendredi 9 août à 7h du mat à l'entrée du terminal d'Eurostart à Bruxelles-Midi. J'y retrouve Thierry, disquaire de Rockaway Beat (disques d'occasion au environ de 400/450 francs pour tout ce qui est punk), Chris et Sophie ainsi que Malik, des habitués des concerts en Flandres. J'ai quand même mon ticket pour le concert. Pour ce voyage, les ennuis s'accumulent. A la hauteur d'Enghien, les problèmes commencent pour le TGV. Nous sommes ainsi contraint de changer de train à Lille-Europe avec la consolation de pouvoir disposer d'un sorry pass pour cause de trop grand retard. J'ai oublié d'expliquer que Blackpool est une cité balnéaire près de Manchester et Liverpool, à plus de 300 km au Nord de Londres. Normalement, un train direct de Londres nous y amène en un peu plus de 3h30. Mais la normale n'est plus de mise car de un, les métros sont en grève et plus grave, un crash s'est produit la veille à Watford où nous devons passer: deux trains sont entrés en collision et il y a eu des morts. Nous allons devoir changer 3 fois de trains pour enfin arriver à Blackpool South vers 18h 30, soit près de 12h de trajet !

Parmi nous, je suis le seul à ne pas stresser: les autres veulent trouver le Blackpool tourist information pour trouver un camping ou un hôtel. Moi, je me rends directement au "Winter Gardens", sorte de grande galerie du Roi (cfr Bruxelles), style empire où se trouve l'emplacement du festival: "l'Empress Ballroom ". C'est donc une salle où on pourrait caser 6000 personnes si la scène était placée différemment mais l'idéal c'est plutôt 4 ou 5 mille places. Juste à côté, il y a une plus petite salle où on peut caser 1500 personnes.

Le premier groupe que je vois, c'est CAPO REGIME, groupe "actuel "de l'île de Man qui a joué à Anvers au PUNK AND DISORDERLY FESTIVAL en 95. C'est des jeunes punk à crêtes et la musique est estampillée 82. C'est pas un défaut et ils ne seront pas les seuls. Ils jouent dans la petite salle et je remarque que je n'ai raté qu'un groupe dans chacune des salles. Je comprends le système. Il sera impossible de voir tous les concerts en entier. Si par exemple on se cantonne à la grande salle, on peut profiter des 15 minutes de battements pour aller jeter un coup d'oeil dans la seconde salle. J'ai donc commencé par la petite salle et je me retrouve vite dans la première car commence THE CARPETTES. C'est un groupe dont j'ai un album qui date de 78/79. C'est plutôt punk/pop et les gars ont des cheveux gris, mais là aussi ils ne seront pas les seuls. Je n'ai pas reconnu beaucoup de morceaux car il faut avouer que je n'ai jamais beaucoup écouté ce disque.

Mes copains arrivent enfin dans l'enceinte: ils ont abandonné l'idée de camper car le camping le plus proche est à 2 km et surtout parce qu'ils ont trouvé une rue remplie d'hôtels pas chers, pas crados et sympa à moins de 200 mètres du festival. Ils m'ont même réservé une place !

Il y a THE BLOOD sur la scène 2: c'était un groupe fort soutenu par le magazine SOUND en 82/83. Mais je n'avais jamais pris la peine de les écouter. Ensuite ALTERNATIVE TV dans la grande salle: pur 77 et très bon.

Je vais manger un coup en dehors du site et quand je reviens, THE NOT SENSIBLES est sur la grande scène: je remarque que la salle se vide de plus en plus. Je comprends que le chanteur est mauvais, dans le style mort pété, et que surtout, GBH joue dans la petite salle. Il arrive alors ce qui était marqué sur le ticket: l'accès à la deuxième scène n'est pas garantie car on ne peut mettre que 1500 personnes. Effectivement, il y a un super bouchon et je commence même à désespérer de voir SHAM 69 qui joue aussi sur cette scène. Heureusement, après quelques minutes d'attente, les gars de la sécurité acceptent de faire rentrer au compte goutte les spectateurs. C'est alors que j'ai la merveilleuse idée de décliner ma nationalité au boucheur de chemin: "I'm Belgian, can I come in ? [you may, but, can you?.. It's up to you, yes, you know, note de Harraps], and my friend is Belgian too ". Par miracle, nous pouvons [et nous pouvons, note de Grévisse] donc rentrer et ainsi assister à la fin du concert de GBH. Aucune surprise de leur part. Je patiente donc dans cette salle pendant que hélas THE DRONES joue dans l'autre salle. On me racontera après que leur concert a été génial, grandiose, etc, dans la plus pure tradition 77 du punk rock bien carré, sans fioritures.

Mais Jimmy Pursey et ses acolytes montent sur scène. Ouf, il n'y a que des instruments classiques et pas de saxo ou de choristes. SHAM 69 commence leur set par Hersham Boys. Jimmy n'a pas besoin de chanter les refrains car toute la salle s'en charge. Les classiques du groupe se succèdent: Angels with dirty faces, Tell us the truth, They don't understand, No entry. Puis le groupe joue 2 morceaux que je ne connais pas, cad postérieur à 1980, mais dans la lignée des anciens, ouf car le dernier album de SHAM 69, ne l'écoutez surtout pas, c'est de la merde !! Il enchaîne ensuite avec Borstal breakout, Hurry up Harry, Questions & Answers et le classique des classiques: If the kids are united. Ils ont droit à un rappel bien mérité: encore un nouveau morceau qui parle des vaches folles et pour terminer, le tout premier 45 tours du groupe, celui qui était offert aux concerts en 77: What have you got ?

J'ai beaucoup insisté sur SHAM 69, mais c'est normal car je n'espérais plus les voir et entendre de si bons morceaux !

J'ai le temps de me diriger vers la grande scène avant que X-RAY-SPEX ne commence. A l'entrée, une petite feuille nous a annoncé que malheureusement, la chanteuse initiale Poly Styrène ne viendra pas et qu'elle sera remplacée par une autre. Pas trop étonnant quand on sait que la Poly est devenue Krishna ! La brave remplaçante qui a quelques talents non cachés au niveau physique ne se défend pas trop mal. Le groupe commence par leur premier 45 tours et finira d'ailleurs par lui aussi. Entre-temps, quelques gobelets remplis de bière ont été lancés vers le groupe mais apparemment c'est une spécialité plutôt anglaise. On m'a déjà expliqué que Les DAMNED avaient abrégé leur concert à Londres au début d'année pour jet de canettes. Avouons-le, ca ne doit pas être agréable. En 77, c'était les mollards que les groupes recevaient. Ici, c'est de la bière... C'est bête de gaspiller ainsi de la bière même si elle n'est pas terrible et pas très forte (3,5 °). La chanteuse est donc la cible avouée de ces lanceurs de gobelets. Mais ils ne parviendront pas à abréger le concert, rempli de morceaux de leur album sorti en 78: Germ Free adolescent. Un regret quand même: on n'entendait pas assez le saxo qui en disque est omniprésent et fait la touche du groupe.

Il est minuit et la première journée est finie, une sorte de mise en jambe car samedi 12h de concert non-stop nous attendent.

Le lendemain, nous sommes réveillés par la cloche qui nous annonce le breakfast, à 9h pile. Avant les concerts, nous avons le temps de nous promener dans la ville et sur la digue. Blackpool ressemble à toute station balnéaire du style Blankenberke ou Brighton. Il y a des trams à 2 étages et une jetée qui ressemble au Mole de Blankenberke. Au loin (à 2 km) se dresse le Blackpool Pleasure beach, sorte de foire du midi permanente. Fin de la carte postale. Nous prenons le temps de manger à midi et déjà la transhumance entre les deux salles recommence.

Je rate HANX, groupe qui fait des reprises de STIFF LITTLE FINGERS et MDM, groupe comprenant une chanteuse. J'arrive pour voir 2 morceaux de WALKING ABORTIONS (catégorie punk 96/82) et ensuite le concert de SUBURBAN STUDS sur la grande scène, groupe qui a sorti un album en 77 (catégorie cheveux gris!).

Je retourne dans la petite salle pour constater que FUNERAL DRESS n'est pas venu seul et qu'une trentaine de supporters sont là pour les encourager. Ca passe bien et il ne joue pas devant une salle vide, contrairement à un autre groupe plus tard dans la soirée, PROLES, que moi non plus je n'ai pas vu: là, il n'y avait même pas 20 personnes, et pourtant c'était bien, à ce qu'on m'a dit...

Dans la grande salle THE VIBRATORS commence plutôt mal son concert, la faute en incombe à un son plus que pourri. Heureusement, après 3 morceaux, le gars de la console parvient à rectifier le tir et le concert devient plaisant et même très bien. Je connais bien le premier album et quelques morceaux du second album. Il faut évidemment épingler le morceau Baby Baby et Troops Of Tommorrow, ce dernier étant repris par THE EXPLOITED et adapté en français par BERURIER NOIR. En fin de compte, très bonne prestation.

Je rate SICK BOY FEDERATION dans la seconde salle mais on me l'a raconté. En un mot, grotesque. C'est une histoire de mannequins, de poupées gonflables, de tronçonneuses, de batte de base-ball et de gros mecs machos avec des crêtes...

Plus sainement, je vois tout le concert des LURKERS. Nettement meilleur que la dernière fois que je les avais vus à Anvers. Arturo n'a pas l'air d'avoir abusé du whisky avant le concert. Il faut dire qu'il doit encore jouer un peu plus tard avec 999. C'est très bon. Pour le morceau Shadow, le chanteur de SPECIAL DUTIES vient prêter sa voix et le tout est pas mal. Sans (mauvaise) surprise.

Je retourne vers la seconde scène pour la fin du concert d'EXTERNAL MENACE, que je situe plutôt vers 83: ils ont sorti 2 EP sur Lightbeat records (label de The Fits, Antisocial, One Way System) à l'époque.

Retour en 77 et dans la grande salle avec RADIO STARS. Le chanteur n'a pas trop changé ses habitudes: il monte sur les colonnes et descend le premier dans l'espace entre la scène et le public. C'est malheureux à dire mais il n'y a pas de stage-diving à cause de mecs en t-shirt noir sur lequel est écrit security machin chouette. Je reconnais Dirty Pictures qui a été repris par DIE TOTEN HOSEN dont je vous parlerai plus loin.

Après les cheveux gris, voici les benjamins de l'affiche THE CASUALITIES, grand vainqueur devant CAPO REGIME au concours de beauté, je veux dire de la plus grande crête. C'est du punk très hardcore à la TOTAL CHAOS ou si vous préférez, à la CHAOS UK ou CHAOTIC DISCHORD.

MARCOR...


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