2012 64

2007 63

2006 62

2005

2004 61 60

2003 59 58 57' 57

2002 56

2001 54' 54 53 52

2000 51 50 49 48

1999 47 46 45 44 43

1998 42 41 40 39 38 37

1997 36 35 34 33 32 31

1996 30 29 28 27 26 23 22 21 20

1995 19 18 17 16 15 14 13 12 11

1994 10 09 08 07 06 04 03

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Aredje 20, janvier 1996

RE-POSTHITE ...

Mauvaise nouvelle pour les usagers du VPC Chal é Asteure: les tarifs postaux ont augmenté et avec eux les frais de port de vos futures commandes.

Au delà de 500 grammes, l'augmentation est relativement faible. Ce sont surtout les petites commandes qui écopent car nous devrons désormais leur appliquer le tarif "lettre"plutôt que le défunt tarif "imprimé"(il est plus ou moins remplacé par un nouveau tarif réservé à des envois groupés de cinquante exemplaires identiques).

Bizarrement, les envois vers les pays de la communauté européenne voient leur frais de port diminuer. Encore plus étrange, envoyer un CD en France (par exemple) coûte maintenant moins cher que l'envoyer en Belgique (si j'ai tout bien compris). Heureusement, si j'ose dire, la logique reprend ses droits pour les paquets plus lourds.

Tout ça ne nous renseigne pas quant à l'éventuelle imminence d'un concert d'EsGibt Truncheon ni quant à celle de la sortie de la cassette vidéo live de Binamé au Botanique que nous vous avions promise il y a quelques mois et dont le retard semble bien parti pour battre l'un ou l'autre record. Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à nous les posez, via le répondeur, par exemple.

BINAM'...

VIEUX VOEUX PEU PIEUX

Vous vous en doutez, nous avons religieusement suivi le sermon télévisé prononcé par Albert 2 à l'occasion de l'anniversaire de Jésus, même qu'on l'a vidéoscopé. Inutile de revenir ici sur les innombrables raisons qui nous poussent à mettre en pratique toute recommandation émanant de ce traîneur de sabre couronné, dont l'expérience de représentant de commerce international doublé d'un brillant figurant pour bals de la Croix-Rouge n'est plus à vanter. Dans le plus pur esprit de son défunt frère, cyber-curé du Royaume, le sous-verain nous a en somme adressé l'aphorisme suivant: occupez-vous des pauvres, le pouvoir s'occupe de la pauvreté. Exactement comme le légionnaire romain désabusé, dans les aventures d'Astérix: "Engagez-vous, engagez-vous". Dans n'importe quoi, mais engagez-vous, ajoute Albert 2. Au moins, songe-t-il sans doute, vous ne tomberez ni dans la drogue ni dans la révolte.

Lors d'un Ecran Témoin consacré à l'engagement personnel, un prêtre affirma: "moi je ne fais pas de politique, je m'occupe des pauvres"(refrain connu). Ne contestons pas que la société engendre en son sein une multitude de scandales quotidiens qui appellent des rafistolages, ici et maintenant. Mais qu'est-ce qui importe en fin de compte, pour ce grenouillard "apolitique", au faîte d'une "vie au service des autres": s'occuper des pauvres de pères en pères, de collectes en prières, de siècle en siècle, ou alors refuser la fatalité de ces antagonismes sociaux, et oeuvrer à leur éradication collective? Entre le boeuf et l'âne gris, les moutons.

Nous sommes soit une part du problème, soit une part de la solution. Nous ne pensons pas que les engagements sociaux qu'offre la capital-démocratie nous permettent d'être une part de la solution, à moyen et long terme. Ainsi en va-t-il aussi des illusions confortables de "l'artiste engagé". Nous ne pensons pas non plus que le pouvoir démocratique s'occupe de la pauvreté. Nous savons qu'il s'occupe de dédouaner les bénéfices des plus grosses boîtes, et qu'il s'occupe de transférer des intérêts de la fameuse dette publique vers les familles les plus riches, celles qui prêtent à l'Etat, précisément.

L'année 1996 sera celle des 125 ans de la "Commune de Paris", des 110 ans de sa commémoration insurrectionnelle à Liège, en 1886, des 60 ans de la révolution de Catalogne. Porteuses d'avenir, envers et contre la répression sanglante et l'oubli. Il y a 35 ans capitulait la dernière grève générale dans nos contrées, noyée dans la "concertation", voyez la France aujourd'hui. Nous reparlerons de tout cela, pour ne pas regarder que notre nombril en fêtant les 10 ans de René Binamé, cette année également. Comme disait feu Guy Betès après quelques péquets, le 21e siècle sera révolutionnaire ou ne sera pas... drôle. Ceci me tiendra lieu de meilleurs voeux.

EsGibt...

AUX PIEDS DU SAPIN

Après avoir brûlé les planches avec ses orchestres durant 4 Noëls d'affilée, feu Guy Betès n'aura cette année connu de la bûche et du sapin... que 4 planches. Il n'est pas pour autant tombé dans l'oubli. Merci à Jean-Luc "clac-boum"Promo-Groupes pour le Fêtons Noël sans Guy Betès et ses Orchestres à Heure-en-Famenne le 23 décembre. Premier Prix du Festival du Rire de Bethléem à Disjonctor pour leur tube inédit Fêtons Noël sans Binamé. Et Merci à Pompon pour sa rétrospective des Noëls de feu Guy Betès, sur Rock à Gogo le 25 décembre dernier.

EsGibt

AUX SINS DU PAPIED

Nous sommes désolé de manquer à notre devoir d'information, mais nous avons quitté Heure-en-Famenne avant la proclamation des résultats du concours de crèches qui succédait, le 24 décembre, au concert sans Guy Betès.

René Binamé, lâché par Guy Betès, a trouvé asile à la Maison des Jeunes de Louvain-la-Neuve. Sous la houlette (Houla! Hop!) de Smurf (j'ai smurfé sur internet, c'est très surfait), et de Duke (Ha! Duke!), il (René Binamé) participe à une cassette-compil avec les autres groupes (Spleen, Black Field, Jean-Paul II et son Imaculée Contraception, Fufun Juice, Days of Grace, Coup d'Etat, Bugs, Martin) qui répétent à la MJ susdite. Les groupes présenteront le résultat de leur "Noël en Studio"ce 26 janvier à la MJ bis-susdite. Qu'on se le dise.

Ceux qui, le lundi 20 novembre, n'étaient pas au VK ont raté le concert qu'il ne fallait pas rater, celui de The Amps, le nouveau groupe de Kim Deal, herself, l'ex des Pixies, et l'actuelle des Breeders.

Les Jeunes ne changent pas de nom, mais ne veulent surtout pas que cela s'ébruite (Ha! Duke!). En concert le 3 février à LLN.

Vlot Voor Uit changent de nom et veulent que cela se sache. Désormais, appelez-les Kermess et tout ira bien. Concert le 3 février à LLN et le, clac-boum, 23 février à Waha.

Disjonctor est en studio chez Duke (Ha! Duke!) pour taper leur mélange de Blague-Métal et de Disjoncte-Core sur bande, sur DAT et même sur CD. En concert (si tout va bien) au Foyer de l'ULB avec les papes de l'agrico-destroy (Les Slugs) début mars.

Jean-Luc "clac-boum"Promo-Groupes prépare un Fêtons Pâques sans François Mitterand. Avec bien entendu un marché aux fleurs et un concours de bousquets.

BINAM'...

PAR-DESSUS LE MARCHE

J'inaugure ce mois-ci une petite rubrique, que j'espère régulière. Elle présente, sur base de faits précis, certaines pratiques actuelles du capitalisme, ici et ailleurs. Non pour dénicher l'exception scandaleuse, qui conforterait ce système, prétendument améliorable. Encore moins pour illustrer de force des contre-théories préfabriquées. Il s'agit plutôt de mettre en lumière la logique implacable de ce système, triomphant sur la planète, qui toujours et partout condamne l'aventure humaine à la plus irrémédiable putréfaction. A vous de juger si nous méritons mieux. Déjà Janvier, l'heure est lyrique et grave. Cette fois, l'information nous vient du mensuel français Le Monde Diplomatique, et les commentaires, de mon cru, pas trop cuit, qui l'eût cru.

ABC, la chaîne de télévision américaine a récemment diffusé un reportage sur les fabricants de tabac, démontrant que ceux-ci ajoutait délibérément de la nicotine à leurs produits afin de renforcer l'accoutumance et la dépendance de leurs clients. Les preuves de cette affirmation avaient été avancées devant la Chambre des représentants, et reprises par l'administration du président Clinton.

Sur ces entrefaits, ABC est rachetée par Disney. Disney qui par ailleurs entend bien ménager la firme Philip Morris/R.J. Reynolds, fabriquant entre autres les marques de cigarettes suivantes: Camel, Winston, Gold, Coast, Marlboro, Chesterfield, Merit et Philip Morris. Rappelons également que la firme Philip Morris est connue pour financer les campagnes de M. Jesse Helms, sénateur républicain d'extrême-droite. Et, rien qu'entre janvier et juillet 1995, pour entraver toute réglementation fédérale de ses produits, Philip Morris Co a versé près de 730.000 dollars au Parti républicain, sept fois la somme versée par la même société l'année dernière aux deux grands partis américains. Rien de très exceptionnel jusque là.

A peine rachetée par Disney, un des premiers soucis de la chaîne ABC fut alors de présenter ses excuses publiques, humiliantes, à Philip Morris/R.J. Reynolds. Les responsables de l'enquête ont eu beau refuser de s'y associer, le droit de l'information s'est effacé devant la logique d'entreprise.

Et ce n'est pas tout. Désireux d'identifier les sources des enquêteurs d'ABC, Philip Morris a demandé à American Express de lui procurer les reçus des cartes de crédit des auteurs du reportage. Avec, sans doute, l'espoir de dénicher quelques indices lui permettant d'identifier leurs sources (en l'occurrence un ancien directeur de R.J. Reynolds Nabisco). Lorsque American Express s'est empressé de satisfaire à cette requête, nombre de journalistes américains, refusant que leur carte de crédit devienne un nouvel outil de contrôle social, ont cassé le petit carré plastifié qui devait être l'instrument de leur "liberté".

Contactés par Le Monde Diplomatique, Michael O'Neill, vice-président d'American Express, et Sean Murray, porte-parole de Philip Morris à Bruxelles, admettent l'existence d'un problème. M. Murray ajoute: "Je crois me souvenir qu'American Express nous a envoyé ces reçus par erreur. Nous les lui avons retournés aussitôt". Réponse absurde, comme s'il s'agissait d'antédiluviennes fiches en carton...

EsGibt...

d'après Serge Halimi, in Le Monde Diplomatique, novembre 1995.


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